Chti Bike Tour 2015, de vrais motifs de satisfaction !

Comme tous les ans, le petit monde du cyclisme au Nord de Paris est animé par le Chti Bike Tour à la fin du mois d’août. Cette épreuve est de loin la plus grosse épreuve cyclosportive de la région et attire chaque année quelque centaines de cyclistes prêts à en découdre sur un parcours très Flandrien. Après une saison largement perturbée par mon opération à la hanche, je voulais absolument disputer cette épreuve pour jauger ma condition et voir jusqu’où je pouvais revenir en 2016. Alors même si cette course remonte à plus de deux mois, je ne résiste pas au plaisir de vous partager ce que j’y ai vécu cette année…

Un début de course de folie

Au départ de cette édition 2015, je retrouve avec plaisir une bonne partie de mes coéquipiers du CC Verlinghem. Quelle joie de retrouver cette ambiance course après plus d’un mois éloigné des compétitions ! Nous retrouvons également notre équipier JB sur sa moto, qui ne pouvant rouler à cause d’un problème à la hanche lui aussi, sera chargé de nous ravitailler tout au long des 140 km du parcours.
Une fois n’est pas coutume, le temps est radieux en ce dimanche matin et la météo annonce même une belle chaleur. Cela ne fait que renforcer mon moral ! Je me présente confiant sur la ligne de départ, étant convaincu d’avoir retrouvé un bon coup de pédale suite à des vacances très studieuses côté vélo…

Je m’élance du second sas, mais il ne me faut pas plus de 2 km pour remonter en tête d’un peloton dont l’allure est limitée par la voiture ouvreuse. Le départ réel est donné un peu plus loin, mais ça frotte déjà. L’allure est hyper rapide, tout le monde veut être à l’avant et je ne boude pas mon plaisir à me replacer dès que je recule un peu. Je suis comme un gamin, je m’éclate !
Après 6 kilomètres très plats, nous bifurquons vers les Monts des Flandres et attaquons un premier faux-plat. Mon rythme cardiaque monte en flèche mais les sensations sont bonnes. Je me fais violence pour rester à l’avant du paquet car je sais bien que les gros bras vont bientôt mettre en route.

Le passage du Mont Rouge se fait à bloc, comme tous les ans, mais je me surprend à maintenir ma position dans les 20 premiers. Je suis évidemment déjà au maximum de mes capacités, mais ça tient bon ! La descente est avalée tambour battant sans temps morts, et c’est sur la partie plate suivant que va se faire la différence. Notre groupe file à 50 km/h, tout le monde est en file indienne jusqu’à ce qu’une quinzaine de coureurs se détachent. Tous les gros moteurs sont à l’avant, ça sera la bonne échappée !
De mon côté, je me retrouve dans un second groupe avec la plupart de mes équipiers et j’éprouve le besoin de souffler un peu, d’autant plus qu’une nouvelle succession de bosses se profile. Comme beaucoup, je suis à bout de souffle et je laisse partir à nouveau quelques coureurs devant moi. A la sortie des Monts, je suis relégué dans un 3ème groupe…

Rapidement, je me retrouve avec une trentaine de coureurs et nous apercevons au loin devant nous le groupe qui nous précède. L’organisation n’est pas terrible, il y a peu de monde pour rouler alors je mets un petit relais de temps en temps. L’écart est ainsi stabilisé mais il reste toujours une petite minute à boucher. Nous arrivons près du Mont Cassel que nous grimpons une première fois à bon train. Au sommet, nous nous dirigeons vers une descente sinueuse et humide, que j’attaque en 2ème position. Le coureur qui me précède attaque les virages franchement, mais je suis sans problème et sans appréhension. En bas de la descente, je m’aperçois en me retournant que nous avons creusé un bel écart avec le reste du groupe. Ni une, ni deux, nous mettons les bouchées doubles pour revenir sur les coureurs qui nous précèdent.

Quand la malchance s’invite…

Le coureur de l’équipe Btwin avec lequel je partage cet effort est bien meilleur rouleur que moi. Je sais que je vais payer ces efforts plus tard mais peu importe. Je suis à bloc, prend mes relais en me mettant dans le rouge et peu à peu nous arrivons à faire la jonction avec le groupe n°2. Malheureusement, nous revenons sur ce groupe pile au moment de la seconde ascension du Mont Cassel. Exténué par la poursuite que nous venons de faire, j’accroche les roues quelques mètres avant de rester planter dans la pente. Quelle déception ! J’en profite quand même pour attraper un bidon tendu par JB au passage, me remobilise rapidement mais il n’y a rien à faire, je ne peux plus boucher le trou.

Sachant que mon groupe initial n’est pas bien loin derrière, je choisi de me relever pour attendre et profiter de l’aspiration. C’est chose faite deux kilomètres plus loin, et me voilà à nouveau dans ce groupe qui ne semble pas décidé à aller de l’avant. Il n’y a pas grand monde pour prendre des relais, mes équipiers n’ont pas l’air au top, ça n’est pas gagné ! Pourtant, quelques courageux commencent à prendre des relais appuyés, invitant tout le monde à participer à la chasse. Un peu hésitant au début, je me décide finalement à prendre ma part de travail, et les relais s’enchaînent vite à plus de 50 km/h. Ce regain de vigueur fait baisser l’écart qui nous sépare du groupe n°2, que nous parvenons finalement à reprendre au bout de 20 minutes de relais appuyés. Il n’y a plus désormais que les 12 hommes de tête devant nous, il va falloir se battre pour obtenir un top 20…

Rapidement, nous revenons dans la zone des monts et abordons de toutes petites routes très vallonnées. Notre groupe commence à exploser sous les coups de boutoirs des plus forts, et je commence moi-même à être sérieusement à la peine. Je m’accroche pourtant dans les roues et parviens à garder une place dans les premiers, suivi de près par mon équipier Franck.
Puis, après le passage d’une petite bosse, nous passons un virage à angle droit assez banal. Le coureur qui me précède n’a pas des trajectoires très fluides, roule dans le bas côté en sortie de virage puis s’étale de tout son long sur la chaussée en voulant remonter sur le bitume. Je suis juste derrière et ne peux éviter la chute ! Malgré une belle roulade, je me relève rapidement, constate que je n’ai rien de grave et que le vélo est en parfait état de marche. Je remet ma chaîne en place, saute sur mon vélo et repart au sprint. Peine perdue, le groupe dans lequel je tenais ma place est déjà loin devant… Je suis vraiment dégouté d’en être éjecté sur chute !

Heureusement, Franck qui a été également retardé par la chute m’attend et nous constituons ainsi un duo 100 % Verlinghem pour boucler les 40 km qu’il nous reste à parcourir. Le moral en prend un petit coup, mais il faut se battre pour ne pas se faire reprendre par ceux que nous avons lâchés plus tôt. 2 kilomètres plus loin, nous nous faisons doubler par le coureur qui m’a fait tomber, tranquillement accroché à la voiture du médecin qui le ramènera sur notre groupe initial. J’hallucine en voyant ça et m’énerve contre les voitures suiveuses. Qu’il rentre dans l’aspiration de la voiture d’accord, mais pas accroché à la fenêtre !

Nous reprenons notre route et retrouvons JB un peu plus loin. Nous sommes cramés et bien énervés par la situation, nous profitons un peu de l’aspiration de la moto. Je ne suis pas trop partant pour le faire mais après tout, il est toléré de revenir dans l’aspiration des voitures suiveuses sur les courses pros … Cela ne change de toute façon pas grand chose à notre classement, puisque nous franchissons la ligne 40ème et 41ème, loin derrière les premiers, et un peu devant le groupe suivant.

Le bilan de cette Chti Bike 2015 est quand même largement positif pour ma part, je me suis bien battu et j’ai pris énormément de plaisir. Je suis surtout impressionné par la condition physique que j’ai retrouvé, moi qui ne pensait même pas accrocher un dossard en 2015… Voilà de quoi nourrir à nouveau de belles ambitions pour la saison 2016 !

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