La Marmotte 2014, rendez-vous avec les grands cols !

Dans la montée du Glandon sur la Marmotte 2014

Depuis mon dernier article le 19 juin dernier, ma préparation s’est tourné vers d’autres objectifs que les courses traditionnelles en circuit. En effet, j’ai pour habitude depuis maintenant 5 ans de disputer au moins une cyclosportive en montagne. Ayant un gabarit de grimpeur mais vivant dans une région parfaitement plane, ces quelques moments au contact des grands cols sont important pour ma motivation sur le vélo. Et cette année, je n’ai pas choisi un petit morceau pour redécouvrir la montagne qui m’avait tant manqué. Avec quelques équipiers, nous étions engagé depuis bientôt 6 mois pour l’une des courses les plus dures de France : La Marmotte Grandfondo. Retour sur une journée exceptionnelle …

Des routes humides mais pas de pluie

Si vous êtes bon lecteur de ce blog, vous connaissez certainement mon dégoût pour la pluie. Et en cette veille de Marmotte, c’est un véritable déluge qui s’abattait sur les Alpes. Qu’importe, ayant fait 800 km pour participer à cette belle fête du vélo, l’idée de ne pas prendre le départ le lendemain ne me traversait même pas l’esprit.

Au petit matin, heureusement, la pluie avait cessé et laissait place à un ciel brumeux et des routes humides. La température clémente nous permettait quand même de rejoindre le départ en tenue d’été avec simplement de quoi se couvrir en cas de pluie. Au programme du jour, c’est un marathon de 174 km qui nous attendait avec le passage des cols du Glandon, du Télégraphe et du Galibier pour finir dans la terrible ascension de l’Alpe d’Huez … Avec 5000 mètres de dénivelé positif, il y a de quoi se faire plaisir pour les grimpeurs !

Ayant un bon dossard, je me faufile dans le premier sas et m’installe à ma grande surprise en première ligne ! La journée commence bien ! L’attente du départ se fait tranquillement, je discute un peu avec mes voisins puis il est temps de se concentrer. Le départ est donné peu après 7h, et la horde de 7000 cyclistes s’élance petit à petit. Profitant de mon bon placement sur la ligne, je me précipite vers l’avant de notre imposant peloton et n’en bougerais plus jusqu’aux premières pentes. Le barrage d’Alemon est passé dans la roues des meilleurs, et se présente alors le pied du col du Glandon.

Les pourcentages sont rapidement importants, et je parviens à garder les roues du paquet de tête pendant 3 kilomètres, sans forcer mon talent. Je me cale au seuil, en essayant de ne pas le dépasser car je sais que la journée sera longue. Puis, peu à peu, les meilleurs accélèrent légèrement le train qui devient rapidement trop élevé pour moi. Je choisi sagement de ne pas m’accrocher et je conserve mon rythme de croisière. A ce moment de la course, je sens déjà que le fait de ne pas avoir vraiment monté de cols avant dans la saison va me pénaliser. Il faudra être prudent !

Dans la montée du Glandon sur la Marmotte 2014

L’ascension du Glandon se passe donc plutôt bien pour moi, car je parviens à accrocher un bon groupe d’une vingtaine d’unités avec de basculer dans la descente. Les sensations sont bonnes, j’en profite pour prendre la tête de notre groupe et filer vers la vallée. Cette première descente de la journée est non chronométrée, et le sol encore humide incite vraiment à la prudence. Je ne force pas mais malgré ça, je me détache assez facilement avec deux autres coureurs.

Télégraphe et Galibier, le terrible enchaînement

En arrivant dans la vallée de la Maurienne, je sais qu’une trentaine de kilomètres en faux-plat montant nous attendent. Inutile de se mettre à la planche à cet endroit, j’en profite donc pour me ravitailler avant que notre groupe se reconstitue. Je prend tout de suite quelques relais afin de mettre notre groupe en marche, mais comme d’habitude sur les cyclosportives, peu de monde est motivé pour rouler. Il est hors de question que je fasse toute la vallée dans le vent, je pousse donc quelques coureurs à participer et prend des relais assez espacés. Avec plus de 40 coureurs présents dans notre groupe à ce moment, il faut quand même en profiter !

Peu à peu, nous nous rapprochons de Saint Jean de Maurienne, et je reconnaîs bien la route puisque nous rejoignons le parcours de l’Etape du Tour 2011 au pied du col du Télégraphe. Le second col de la journée est attaqué à un bon rythme, car un coureur du team BV Sport que nous avons repris dans la vallée a du mal à accepter de s’être fait décroché de l’avant. Il s’envole assez facilement et derrière notre groupe explose. Je suis particulièrement en jambe dans ce début de montée, et me cale une nouvelle fois à un seuil qui doit me permettre de gérer jusqu’au final. A ce jeu là, je suis parmi les plus forts du groupe et nous nous détachons rapidement avec 4 coureurs.
A 3 kilomètres du sommet, je commence à craquer un peu et me retrouve obligé de laisser filer mes compagnons de route. Je ne me suis pas beaucoup alimenté depuis le pied de l’ascension, et je le paye peut-être à ce moment. Heureusement, le sommet est rapidement en vue et nous basculons vers Valloire dans une descente courte et roulante.

Ayant les bidons vides, je m’arrête comme prévu au ravitaillement à la sortie de la station, conformément au plan de route que je m’étais fixé. Une fois le plein d’eau effectué, je repars dans la montée tambour battant avant de me faire appeler à la raison par mes jambes qui s’inquiètent devant le majestueux Galibier. Les premières pentes sont néanmoins assez légères, et je passe les premiers kilomètres de ce col avec deux autres coureurs à passer des relais. Malheureusement, les forces commencent à manquer et je suis obligé de lâcher quelques longueurs avant le lieu dit de Plan Lachat.
Tous les cyclistes connaissent bien ce panneau, car il marque le début des 7 derniers kilomètres de la montée du Galibier, qui sont franchement pentus. Je suis vraiment dans le dur, je n’arrive pas à relancer la machine et quelques concurrents que j’avais lâché dans le Télégraphe me redoublent. Sans m’affoler, je gère ma montée à ma main en essayant de maintenir le rythme, et me hisse au delà des 2600 mètres d’altitude avec les jambes déjà bien entamées.

Je passe le sommet avec soulagement et me lance dans la descente sans prendre le temps d’admirer le paysage. Les premiers virages sont serrés, mais il est difficile de prendre de la vitesse car nous sommes exposés au vent de face. Je suis tout seul au début, puis je rejoins un petit groupe juste avant le passage du col du Lautaret. Il ne reste à moment là qu’une très longue descente vers Bourg d’Oisans avant d’attaquer la montée finale vers l’Alpe d’Huez.

Dans la descente du Galibier sur la Marmotte 2014

Planté dans l’Alpe d’Huez

La descente du Lautaret est entièrement effectuée dans un groupe d’une quinzaine d’unité, et je ne ménage pas mes efforts pour que ça avance. Si je veux passer sous les 7h de course, il ne faut pas trainer ici ! Quelques courageux prennent de longs relais avec moi, j’en profite alors pour bien manger et retrouver quelques couleurs. Les quelques petites remontées me font néanmoins vite comprendre que mes meilleurs jambes sont grillées depuis longtemps !

Cette descente du Lautaret passe finalement assez vite, et ayant encore un peu d’eau dans mes bidons, je zappe le ravitaillement au pied de l’Alpe d’Huez. Ça y est, nous y sommes, encore 21 lacets et 13 km de montée avant d’atteindre le Graal ! Je sais que le timing va être tendu pour intégrer le top 100, mais cet objectif me motive plus que jamais. Pourtant, dès les premières rampes de l’Alpe d’Huez, je suis bien obligé de constater que la machine ne répond plus ! J’ai toutes les peines du monde à faire monter le cœur, et je me cale à un rythme bien trop lent pour pouvoir faire partie des 100 meilleurs de la Marmotte !

Je reste quand même concentré sur mon effort, mais mon compteur parvient difficilement à dépasser les 10 km/h. Les virages plus plat me permettent de relancer l’allure, mais je bute vraiment contre la pente et monte au courage. Peu à peu, l’arrivée de rapproche mais la fin est terrible ! Les derniers kilomètres me paraissent bien long, et dans la tête ça devient dur. J’ai du mal à tenir les roues des coureurs qui me doublent, même si je me raccroche au mince espoir de boucler cette course en moins de 7h.

Le passage du dernier kilomètre est une libération, et me permet de retrouver des couleurs. Le rythme augmente et le cœur monte enfin, signe que ma défaillance était peut-être plus psychologique que physique. Je franchi la ligne vidé, et arrête mon Garmin qui m’affiche 6h59 ! L’objectif en terme de durée est rempli, mais je sais que je ne serais pas dans le top 100 … Je cherche tout de suite à m’assoir, et il me faudra une bonne dizaine de minutes avant de retrouver des forces pour pouvoir me relever. Je suis vraiment exténué !

Mes équipiers Paul, Julien puis les deux Fred finissent par me rejoindre, eux-aussi éprouvés par cette mythique épreuve. Cette Marmotte est quand même un sacré morceaux ! Après avoir bien récupéré, il nous faut encore rejoindre notre logement à vélo, et nous choisissons une route de crête qui relie l’Alpe d’Huez à la station d’Auris. La vue est magnifique, mais nous ajoutons 300 mètres de dénivelé, histoire d’être certains de bien dormir …

La route du retour vers Auris

Quelques heures plus tard, le résultat officiel tombe et m’affiche en 127ème position, à environ 8 minutes du top 100. Même si l’objectif initial n’est pas rempli, la satisfaction est là car c’est tout simplement ma meilleure performance en montagne sur un parcours aussi dur. Avec un peu plus de cols grimpés, je suis certain que ces 8 minutes auraient été effacées sans aucune problèmes, mais quand on habite dans le Nord, il est difficile de travailler le coup de pédale du grimpeur !

Cette expérience restera très positive, avec un bon cocktail vélo/potes pour un weekend parfait ! Maintenant, place à l’Etape du Tour Pau-Hautacam pour tutoyer les sommets pyrénéens !

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3 thoughts on “La Marmotte 2014, rendez-vous avec les grands cols !

  1. Bravo Antoine !
    Je pense que tu as sacralisé la montée de l’Alpe, tu aurais du peut être arrêter au ravito 1 ou 2 minutes au pied de l’Alpe
    Mais belle performance!
    A bientôt sur une course de l’ufolep ?
    Guy

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