Saint Quentin les Aires : une dernière pour la route

Ça y est, il faut s’y résoudre, ce dimanche 30 septembre sonne comme un air de fin de saison pour moi. Afin de finir en beauté, j’avais prévu de participer à la course de Saint Quentin les Aires, à quelques hectomètres d’un fief familial. C’était une bonne occasion pour finir cette année de course avec un fan club bien bruyant. Et on peut dire que leurs encouragements furent efficaces …

Échappé dès le début …

Le parcours du jour était comme bien souvent dans le Nord dénué de grosses difficultés. Heureusement, pour corser un peu la course, le vent était soutenu, et soufflait de face pour l’arrivée, qui était elle même précédée d’un faux-plat prononcé d’environ 300 mètres. En reconnaissant le circuit, je me doutais bien que la course allait se durcir d’entrée, et je faisais monter les jambes en température pour être fin prêt dès le départ donné !

Comme prévu, les premiers kilomètres étaient avalés tambours battants, et notre petit peloton de 50 coureurs était secoué par de nombreuses attaques. Étant donné le rythme élevé, je me doutais que ça ne partirait pas tout de suite, et je passais le premier tour sagement dans les roues, mais bien placé pour ne rien rater.
A l’entame du second tour, à la faveur d’un mouvement qui me propulsait devant, je lançais ma première attaque pour jauger mes adversaires. Ceux-ci avaient l’air bien décidé à ne pas me laisser partir, car j’avais du monde sur le porte-bagage …

Je me replaçait sagement dans le peloton, qui continuait à rouler à un rythme très élevé. Au début du 3ème tour, deux coureurs s’élançaient à l’avant et prenaient quelques dizaines de mètres d’avance. Sentant que tout le monde avait le souffle court, je lançais une contre attaque et j’étais suivi dans ce mouvement par 6 autres coureurs. Très vite, notre groupe s’organisait, chacun assumant des relais très appuyés. Un petit coup d’œil vers l’arrière venait me confirmer que nous venions de créer un bel écart. Nous étions partis pour une bonne partie de manivelle !

Saint Quentin 2012, échappé dès le début

Piégé par les costauds

Afin de creuser l’écart, nous ne relâchions pas le rythme, et les kilomètres défilaient rapidement. A mi course, nous perdions un coureur qui était visiblement un peu juste pour rester devant, mais cela ne ralentissait pas notre progression. A force de prendre nos relais, j’avais remarqué que deux coureurs se détachaient du lot. Je m’en méfiais, me doutant bien qu’ils allaient finir par faire le ménage à un moment ou un autre.

Ballade automnale ...

Sous l’effet de la fatigue, certains coureurs de notre groupe commençaient à sauter quelques relais, et je sentais la tension monter chez les plus costauds. A 20 kilomètres de l’arrivée, j’hésitais à attaquer mais je me sentais un peu faible pour tenir jusqu’au bout, d’autant plus que le vent ne cessait de se renforcer. Je me ravisais finalement, et notre groupe continuait son bonhomme de chemin.

Relance en sortie de virage

Au fur et à mesure que nous approchions de l’arrivée, je me disais que les deux coureurs les plus forts allaient faire le forcing dans le dernier tour, voir dans l’avant dernier tour. Je restais cependant vigilent, mais j’allais me faire surprendre en beauté. Alors que je prenais un relais en tête de groupe à 3 tours de l’arrivée, vent de face et au début du faux-plat montant, je voyais surgir sur ma gauche les deux coureurs qui me paraissaient les plus dangereux.

Le temps de réagir, de me dresser sur mes pédales et de remettre du braquet, ils avaient déjà pris au moins 100 mètres d’avance. Je jetais toutes mes forces dans la bataille, et accélérais au maximum de mes possibilités. Mais alors que je m’étais approché à 30 mètres à peine des deux hommes de tête, mes jambes commençaient à me lâcher, et je ne pouvais boucher le trou.  Sentant bien que je ne pourrais rattraper les fugitifs tout seul, je me laissais reprendre par les 4 autres survivants de l’échappée, mais ils n’étaient plus très fringants …

Je tentais de relancer l’allure à chaque relais, mais c’était peine perdue car l’écart ne baissait pas vraiment. C’était perdu pour la victoire, mais je restais motivé pour accrocher un podium, sachant que ma famille m’attendait en force sur la ligne d’arrivée. Alors que je voyais les deux hommes de tête se disputer la victoire, nous abordions une dernière fois le faux-plat précédent l’arrivée.

Un coureur décidait de lancer son sprint très tôt, mais je savais qu’avec le vent de face, il valait mieux attendre un peu. Je forçais le coureur devant moi à prendre la poursuite à son compte, puis lançais mon ultime effort à 300 mètres de la ligne. Je décrochais rapidement mes derniers compagnons de route, et revenait comme une bombe sur le coureur qui était sorti plus tôt. Je voyais la ligne se rapprocher rapidement, et donnais tout ce que j’avais pour venir le sauter sur la ligne ! A 10 mètres près,  je loupais le podium !

3ème au sprint sur le fil ...

J’étais tout d’abord déçu de m’être fait piégé par les deux premiers, qui avaient bien compris que j’avais les jambes pour jouer la gagne. Cette 3ème place n’était donc qu’une consolation, mais vient couronner une saison très satisfaisante pendant laquelle je n’ai cessé de progresser.

Maintenant, place à quelques gentleman avant de faire le bilan !

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