Test du vélo de contre-la-montre BMC TM02

Vélo de contre-la-montre BMC TM02

Le contre-la-montre est une discipline du vélo un peu à part, puisqu’elle consiste à faire partir les coureurs un par un avec comme seul adversaire le chrono. En contre-la-montre, il est impossible de se servir du sillage d’un adversaire et on ne peut s’en remettre qu’à soit même pour réaliser la meilleure performance possible. Étant confronté de plus en plus souvent à ce type d’effort lors de mes participations aux courses à étapes, j’ai développé un profond dégoût pour la discipline à force de faire de mauvais résultats. Mais l’hiver dernier, j’ai pris le taureau par les cornes et profité d’une belle opportunité pour m’offrir un vrai vélo de chrono qui allait me faire changer d’avis sur le sujet …

Un vélo de chrono d’entrée de gamme qui permet déjà de rouler vite

Vélo de contre-la-montre BMC TM02

Dans les épreuves contre le chrono, le matériel prend une place assez importante pour gagner du temps. Vous n’êtes pas sans savoir que la résistance à l’air est le principal frein du cycliste, ce qui implique qu’il faut être un maximum aérodynamique pour avancer plus vite. Et quand on est seul, un vélo de course traditionnel ne suffit plus.
Étant donné que je ne participe qu’à 3 ou 4 épreuves contre-la-montre par saison, il ne me paraissait pas raisonnable d’investir une somme folle dans un vélo spécifique. Je me suis donc dirigé vers un vélo d’entée de gamme de la marque BMC, le Time Machine TM02.

BMC TM02, un vélo CLM d'entrée de gamme

Malgré son statut dans le bas de l’échelle de la marque de vélo suisse, le BMC TM02 bénéficie des avancées technologiques développées pour le modèle le plus haut de gamme dans les vélos de CLM. Le matériau utilisé est le carbone dans une version moins exclusive, donc moins rigide et d’un poids plus important. Avec 1360 grammes, le cadre du BMC TM02 ne fait partie des poids plumes ! Mais en contre-la-montre, ce n’est pas le poids le principal ennemi. En tous points identique à celui de son grand frère, le design de ce vélo affiche des tubes profilés et un dessin résolument tourné vers l’optimisation de l’aérodynamique.

La fourche spécifique joue également dans la même catégorie, avec un dessin très profilé et une douille qui se mélange dans le cadre. La roue avant est ainsi très proche du tube diagonal, diminuant largement les perturbations.

Le BMC TM02, une vraie lame de rasoir

Évidemment, avec un tarif autour de 2000 € pour le vélo complet, il ne fallait pas attendre de miracle du côté de l’équipement. Ce BMC TM02 est ainsi équipé pour la plupart des composant du groupe Shimano 105, en dehors du pédalier qui est un modèle Vision aérodynamique. Les roues très bas de gamme livrées avec le vélo seront avantageusement remplacées par des roues plus aéro, comme c’est le cas sur les photos que vous pouvez voir.
Cet équipement plutôt bas de gamme ne souffre pourtant d’aucun reproche. Le freinage est correct et les vitesses passent bien, parfaitement aidées par les shifters Shimano qui sont les même que sur les groupes haut de gamme.

Le pédalier est un Vision

Pas très rigide, et difficile à emmener en bosse

A l’épreuve de la route, ce vélo m’a donné toute de suite une énorme impression de vitesse. La position caractéristique avec les bras allongés sur les prolongateurs permet de fendre l’air et de rouler entre 5 km/h et 10 km/h plus vite qu’avec le vélo de route en déployant la même puissance. C’est impressionnant ! Mon jugement est peut-être un peu faussé ici car je n’avais jamais eu l’occasion de rouler sur un vélo de CLM.

Toujours est-il que j’ai facilement trouvé ma position sur ce vélo, aidé en cela par la selle spécifique Fizi’k Ardea Tri. Le poste de pilotage est tout à fait classique avec un cintre en forme de corne de buffle et des prolongateurs quasiment plats. Après quelques réglages sur les premières sorties, j’ai réussi à trouver une bonne assise pour tenir la position aérodynamique sans douleurs au dos.
Ce vélo permet ainsi de filer à toute allure et d’atteindre des moyennes que je ne pensais même pas tutoyer un jour lors d’un effort en solitaire …

Le poste de pilotage est très classique

Reste qu’avec un budget réduit, ce vélo présente quelques défauts. Au premier rang de cette liste, je pointe une rigidité insuffisante qui se ressent plus dans le pédalier livré d’origine que dans le cadre lui-même. La comparaison avec mon Look 695 est ici sans appel ! Pour les CLM linéaires cela ne pose pas vraiment de problèmes, mais quand le parcours est sinueux avec de multiples relances, on ressent vite que ça flotte au niveau du boitier de pédalier. Et je suis pourtant bien loin d’être un rouleur aux grosses cuisses …

Les étriers de frein sont sous les bases

A l’utilisation, j’ai également rapidement constaté qu’un vélo de contre-la-montre n’est pas à la fête dès que ça monte. Jusqu’à 4 % ou 5 % de déclivité, il reste encore possible de garder la position aéro, mais au delà, ce vélo devient vraiment dur à emmener. C’est en fait la position en danseuse debout sur les pédales qui pose le plus de problèmes. La géométrie du vélo n’est vraiment pas faite pour ça et on se retrouve vite planté si on mouline trop. Avec une telle monture, il vaut mieux passer les bosses en force en serrant les dents, cela semble plus efficace !
N’ayant pas d’élément de comparaison, je ne suis pas certain qu’un vélo 3 fois plus cher soit plus à son avantage dans ce domaine …

Je fais également une petite aparté sur le système de frein arrière, dont l’étrier est situé sous les bases. Si cette implantation est certainement un plus en terme d’aérodynamique, c’est une véritable horreur pour l’entretien du vélo. Le réglage des patins est d’une galère sans nom, et il faut même carrément démonter les plateaux pour y accéder. Avouez que quand on roule successivement avec des roues alu et carbone, ça n’est pas franchement pratique. Disons que sur un vélo de contre-la-montre cette implantation du frein arrière trouve un intérêt, mais je déconseille à quiconque d’acheter un vélo de route équipé de la sorte. A moins que vous aimiez vraiment bricoler votre vélo bien sûr …

Ce vélo de contre-la-montre « premier prix » fait donc parfaitement l’affaire si comme moi vous voulez augmenter vos performances dans l’effort solitaire sans vous ruiner en investissant dans une machine rutilante. Pour parler chiffre, je peux avancer sans trop de risque de me tromper que j’ai gagné environ 1 minute aux 10 km en passant uniquement du vélo de route au vélo de CLM. C’est assez bluffant !
Et le meilleur dans l’histoire, c’est qu’à force de rouler sur cette nouvelle machine, j’ai pris goût à l’effort contre-la-montre. Ce qui était pour moi une plaie en 2013 et devenu un vrai plaisir cette saison.

Voilà, si vous souhaitez progresser contre le chrono, vous savez ce qu’il vous reste à faire …

Le BMC TM02, un vélo de CLM efficace !

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9 thoughts on “Test du vélo de contre-la-montre BMC TM02

  1. Bonjour Antoine, est-ce vraiment important de prendre un cadre carbone sur ce type de vélo ou un cadre alu light bien rigide fera l’affaire?

  2. Salut Antoine,
    Très franchement, à ce niveau de gamme le carbone ne présente pas un véritable intérêt. A prix équivalent, tu auras très certainement un bon cadre alu peut-être même plus léger et surtout plus rigide. Tout du moins au début, car l’alu a quand même tendance à perdre en rigidité avec le temps. Reste à trouver un constructeur qui propose des cadres chrono en alu …
    Pour ma part, j’ai choisi ce vélo car on m’a fait une super offre. Je n’ai même pas pris le temps de comparer les modèles …

  3. Il est super ton vélo ! Le groupe est de bonne qualité, il suffit juste d’alterner la paire de roues au souhait…. Un Canyon alu me semble être un bon compromis.. Tu m’as donné envie, lol.

  4. En moyenne, quand on a les mains en bas du guidon, on a une surface de 0,34m2 qui freine la pénétration dans l’air. Avec un vélo de chrono, la surface tombe (en moyenne) à 0,30m2 soit 12% de gain sur la surface de pénétration dans l’air.

    Ces 12% de gain de surface expliquent le gain de vitesse : si tu roule à 36 avec un vélo normal, avec 12% de résistance en moins tu te retrouve à 40,3km/h … c’est une grosse approximation, car en réalité la résistance à l’air augmente de manière cubique par rapport à la vitesse, donc le gain de vitesse est bien supérieur à 12%.

    Sinon, concernant le vélo, je te confirme que le frein arrière sous les bases c’est franchement bof. Le changement de roue est chiant, l’entrée de la roue se fait de manière plus compliquée qu’avec des freins normaux, et le freinage est moins efficace (surement car sous le centre de gravité).

  5. Lol, j’avais aussi pas mal tiqué sur le Canyon Alu. C’est à mon avis un très bon compromis aussi pour débuter dans la discipline …

  6. Merci Florent pour ces chiffres très précis. Je comprend mieux mes sensations de vitesse sur ce vélo et mes gros progrès en contre-la-montre cette saison. C’est quand même incroyable le gain que peut apporter une position aussi aéro.

    Pour les freins sous les bases, et bien je vous qu’on est d’accord. A mon avis cette innovation va vite tomber aux oubliettes …

  7. Salut aurai tu des infos sur cette couleur, bleu.
    Est ce que il y a le choix au magasins ou c’est une série special 2014?

  8. Bonjour Michaël,
    Il me semble que ce coloris bleu n’est plus au catalogue. Mon vélo BMC est un modèle 2013 …
    Bonne journée !

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