Valenciennes : le sale goût du bitume …

Saison 2013, Acte 2 ! Alors que le printemps tarde toujours à pointer le bout de son nez, le ciel nous avait laissé un peu de répit en ce dimanche 17 mars après-midi. Mais malgré la fonte des neiges bien entamées, la course que nous avions prévu de courir dans l’Oise avec mon club restait annulée. Quel dommage, c’était une parfaite occasion de reconnaître la dernière étape des Routes de l’Oise, course par étapes que nous disputerons au mois de Mai. Pour ne pas perdre le rythme, nous nous sommes donc reportés avec quelques équipiers sur la course de Valenciennes en Ufolep, dont le parcours favorisait clairement les rouleurs.

Les jambes mais pas le cœur …

En effet, le circuit tracé en plein cœur de la ville et aux abords du nouveau stade de Foot ne faisait que 2,5 kilomètres de long, formant un carré avec de grosses relances. Avec 27 tours à parcourir, on peut parler de critérium, c’est à dire le type de course que je déteste le plus. Qu’importe, nous étions là pour faire du rythme et prendre un peu de plaisir en course. Pour corser un peu l’affaire, notre course en 1ère catégorie était courue en même temps que les secondes catégories, ce qui allait occasionner un joyeux bordel, bien évidemment prévisible sur un si petit circuit.

Le départ était donné sous de gros nuages et un froid glacial, mais à peine 3 kilomètres plus loin, j’étais déjà réchauffé. En effet, comme souvent, les premiers kilomètres étaient parcourus pleins gaz et il fallait tout de suite se mettre dans le rythme malgré un échauffement très limité. Justement, n’ayant pas eu l’occasion de faire chauffer les jambes, je restais sagement dans les roues pendant les deux premiers tours.

Course de Valenciennes, dans le peloton

Ma position dans les 20 premiers du peloton me laissait quand même la possibilité de voir les premiers mouvements de course, au premier rang duquel l’attaque de l’extraterrestre de notre catégorie, Frederic Selwa, qui s’envolait déjà pour un long cavalier seul.
Après quelques tours supplémentaires, je tentais ma chance à mon tour, voyant qu’aucun groupe de contre n’arrivait à se former. Après deux ou trois attaques franches, je constatais qu’il allait être difficile de se libérer de la meute, et je sentais surtout que mon cœur avait un peu de mal à suivre. Les incessantes relances ne laissaient pas de place à la récupération, et je commençais à me sentir un peu mal.

A bout de souffle, je me maintenais quand même parmi les premières positions, tandis qu’un écrémage s’opérait par l’arrière. A mi-course, nous n’étions plus qu’une vingtaine dans ce groupe principal, qui s’était étiolé à force de se faire la bagarre. C’est à ce moment qu’un groupe de costaud allait se faire la malle, à 6 ou 7 coureurs représentant seulement deux clubs ! Inutile de vous dire que l’entente allait y être cordiale …

A la poursuite du groupe de contre à Valenciennes

Arrivée pour le podium …

Pendant quelques tours, ce groupe de coureur allait prendre un peu d’avance sur ce qu’il restait du peloton. J’essayais de faire de mon mieux pour prendre quelques relais et assurer un bon rythme, mais peu de coureurs étaient enclins à prendre leurs relais. Nous étions de plus gênés par les coureurs du club le plus représenté, qui prenaient un malin plaisir à casser nos relais.

Puis petit à petit, et grâce au renfort de quelques coureurs revenus de l’arrière, l’écart sur le groupe qui nous précédait commençait à réduire. A environ 8 tours de l’arrivée, nous étions sur le point de reprendre le peloton des 2ème catégorie, qui était mené à ma grande surprise par le groupe que nous avions en chasse. Ce regroupement général faisait bien mes affaires, car nous revenions dans le jeu pour le podium, deux coureurs étant encore à l’avant. Mais je me doutais bien que ce mélange de deux catégories allait opérer une belle désorganisation.

En effet, comme souvent dans ces cas là, les 1ère catégories souhaitaient se détacher du peloton des 2ème, qui eux même profitaient bien tranquillement de l’abri offert par les 1ère pour continuer leur course. Résultat, il devenait difficile d’y voir clair, car cet important groupe de coureurs mélangeait deux catégories. Peu importe, je restais concentré sur ma course, et soufflais un peu dans les roues après la longue poursuite pour revenir sur ce groupe. A 4 tours de l’arrivée, je tentais de nouveau d’attaquer, mais je commençais à être moins tranchant et il était clairement impossible de sortir.

A l'approche de l'arrivée à Valenciennes

Je prenais donc la décision de me réserver pour le sprint, sentant que j’avais encore les jambes pour aller chercher une bonne place d’honneur. La tension dans ce gros groupe était vive, car les coureurs des deux catégories allaient se jouer l’arrivée en même temps. Cela frottait de plus en plus à mesure que l’arrivée approchait, et j’essayais de rester aux avants-postes pour ne pas me faire surprendre.
Dans le dernier tour, alors que nous attaquions le dernier faux-plat descendant, je profitais de l’avant dernier virage pour bien me replacer, mais cela n’allait pas être bien utile …

Alors que nous roulions à plus de 50 km/h, un coureur accrochait la barrière qui délimitait la route, et envoyait par terre tout le reste du peloton. Je bondissais sur les freins évitant presque cette chute, mais un coureur venait me percuter par l’arrière et m’envoyait gouter au bitume … Je me relevais rapidement, constatant que je n’avais rien de grave, avant de me précipiter vers un coureur qui gémissait et qui baignait déjà dans son sang. Un autre était également allongé, craignant une clavicule cassée. Impressionnant !

Ma course se terminait là, et je m’estimais heureux de n’avoir rien de grave, tant la chute était violente. En dehors de cela, je retiens de cette course que je manque encore un peu de rythme pour enchaîner les efforts intenses, mais les jambes sont là, et c’est bon signe.

Espérons que je pourrais m’aligner le weekend prochain sur une nouvelle course, car mon dos est encore un peu douloureux et m’empêche de monter sur le vélo pour le moment. A suivre …

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3 thoughts on “Valenciennes : le sale goût du bitume …

  1. Belle course tout de même ! Bravo !

    C’est dommage que la chute vienne perturber la fin de course, mais ce qu’il faut retenir c’est que tu étais au niveau pour jouer le podium sur un type d’épreuve qui ne te convient pas …

  2. Merci Florent ! Oui je retiens plutôt la bonne forme du moment effectivement. C’est plutôt encourageant pour la suite de la saison …

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