Envermeu : battu par la pluie normande …

Si la majeur partie des français profitent des jours fériés de mai pour lézarder et profiter du soleil, les cyclistes se réjouissent du calendrier de course étoffé et qui permet d’enchaîner les courses. Pour ma part, j’avais choisi de profiter d’un weekend passé en Normandie pour m’aligner le 8 mai à Envermeu, une course Ufolep du comité 76. Vu le profil du parcours, je pensais bien tirer mon épingle du jeu, mais je n’avais pas tout prévu …

Un début de course de folie

Pour être plus précis, le circuit de 9 km était composé d’une longue bosse d’environ 2,5 km, d’une partie sur le plat de 3 km suivie d’une descente de 3 km et d’un replat de 500 mètres avant de ré attaquer la côte. Étant donné la longueur de ce parcours, seulement 7 tours étaient au programme de notre course en 1ère catégorie. Je me doutais donc bien que chaque ascension allait être décisive …

Le départ étant donné au pied de la côte, j’avais pris le soin de bien m’échauffer. La température n’était pas bien élevée, et le ciel était menaçant, mais il ne pleuvait pas … pour le moment. Dès les premiers mètres, quelques coureurs plaçaient la première offensive du jour. Après avoir laissé partir pendant quelques secondes, je décidais d’y aller à mon tour, et je rattrapais facilement la petite dizaine de coureurs qui s’étaient fait la malle. Le rythme était déjà élevé, mais je ne souffrais pas trop sur cette première montée. Un petit coup d’œil au sommet me faisait constater que le peloton était revenu.

Après un petit round d’observation sur le replat, les attaques reprenaient de plus belle. Et alors que l’une d’elle venait de se faire reprendre, je lançais à mon tour une offensive, et me retrouvais rapidement avec 3 autres coureurs à l’avant. Les relais étaient efficaces, et en me retournant avant d’attaquer la descente, je constatais qu’un petit écart était fait. Cette première descente était avalée tambour battant à presque 70 km/h, et nous attaquions la seconde ascension du jour avec un avantage d’une vingtaine de secondes.
Dès le pied, le rythme imposé par un coureur de Salouël était tellement rapide que deux de nos compagnons de route lâchaient prise. Je suivais tant bien que mal ce coureur aux jambes impressionnantes, et arrivait à me hisser au sommet avec lui. Sur la partie plane, il fallait vite enchaîner les relais pour conserver notre avance, et je me mettais à la planche pour conserver le rythme. J’étais vraiment à bloc, et je devais me faire violence pour me caler dans sa roue à chaque passage de relais ! Une fois encore, la descente ne nous laissait pas le temps de récupérer, et nous attaquions la troisième montée à fond !

Je lâche, puis je bâche …

Je donnais tout ce que j’avais pour suivre mon compagnon d’échappée, mais il était vraiment trop fort, et j’étais obligé de lâcher prise au bout d’un petit kilomètre de montée. Je conservais le rythme le plus élevé possible, ayant entendu au podium qu’un groupe de contre fondait sur nous. Effectivement, quelques centaines de mètres plus loin, je voyais débarquer trois fusées, et je devais faire un véritable sprint pour prendre les roues. Cet effort était trop violent pour moi, et je lâchais à nouveau en compagnie d’un des trois coureurs.

L’homme de tête s’étant fait reprendre par les poursuivants, nous basculions au sommet avec une centaine de mètres de retard. Un peu déprimé d’avoir explosé de cette façon, j’essayais de resté mobilisé, et embrayais sur le plat avec mon compagnon de galère. Une fois encore, je souffrais vraiment en prenant chaque relais, mais malgré cela, nous arrivions à maintenir l’écart. Pour la troisième fois, la descente était avalée à bloc et nous revenions par miracle sur les trois leaders au pied de la 4ème ascension.

Complètement à bout de souffle, je lâchais à nouveau de ce petit groupe dès les premiers pourcentages. J’étais complètement asphyxié et n’arrivait pas à relancer la machine. Étant cette fois seul, je savais qu’il ne servait à rien de m’épuiser dans une poursuite vaine, et attendait sagement que le groupe suivant me reprenne. A ma grande surprise, l’écart n’était pas encore très grand, et un groupe d’une dizaine d’homme revenait sur moi. Je parvenais cette fois à prendre les roues sans problèmes, et à enchaîner les relais sur le replat. A ce moment là, de gros nuages noirs s’installaient au dessus de nous, et la pluie commençait à tomber franchement. La descente était malgré tout avalée à grande vitesse, mais dès la montée suivante (la 5ème), c’est un véritable déluge qui s’abattait sur nous.

Je restais motivé et ne me démontait malgré le froid qui commençait à m’envahir. Cette montée était avalée à un rythme très élevé, et je devais faire un gros effort pour prendre quelques relais. Au sommet, nous n’étions plus que 7, et les relais s’enchaînaient un peu mois bien, tout le monde commençant à être émoussé par la combinaison de ce parcours difficile et du temps absolument horrible. La descente suivante était prudente, mais je commençais à trembler de tout mon corps et la buée s’invitait sur mes lunettes. J’étais déjà résigné, et j’arrivais à peine à suivre les coureurs de mon groupe dans la descente. Pourtant, nous n’étions plus très loin des hommes de tête avec à peine 15 secondes qui nous séparaient.

Malgré cela, je décidais d’en rester là et de remonter le plus vite possible à ma voiture pour me réchauffer. Sortant d’un bon rhume, je ne voulais pas aggraver mon cas et réduire mes chances pour les championnats du Nord et surtout les Routes de l’Oise.
La frustration et la déception étaient terribles au moment de rendre mon dossard, car j’avais vraiment les jambes pour faire un bon résultat, malgré la fatigue générale accumulée par mon rhume et deux nuits un peu courtes. Si je suis dans le coin l’an prochain, je viendrais prendre ma revanche !

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